
















À l'heure d'un nouveau départ, un grand coup de coeur pour une bande de mômes, qui réalisent (non sans mal) que cette année, ils basculeront
de l'enfance à l'âge adulte.
Manuela: "...Moi, ça me rend de la peine de partir, je pensais dans la nuit j'ai pas envie de partir..."
Pour ces jeunes, avoir 20 ans c'est l'échéance, la mesure administrative qui fixe sans concession le terme d'un parcours. Ils devront quitter l'institution,
mais vers quel avenir?
Manuela: "Maman à moi...elle avait du chagrin, parce qu'elle m'inquiète pour que je travaille où..."
Un ultimatum vécu dans un mélange de fierté et de stress.
Si la mesure a du bon, puisqu'il faut savoir rompre le cordon,
"ON" ne s'est pas donné les moyens d'une issue.
Manuela: " Moi je trouve qu'il y a des gens qui sont dégueulasses, qui dépensent des sous, mais pas pour aller au CAT*
* CAT: Centre d'Aide par le Travail
François:"...Moi, je ne m'inquiète pas...de toute manière on ne sera pas abandonné...mais? "
Pourtant de 6 à 20 ans, ils auront vécu un vrai parcours initiatique, où chaque étape, ne vise qu'un seul but, celui d'aider à grandir. .
Vincent: " Tu voudrais quoi, toi, plus tard, une voiture ou une mobylette?"
David: " Pfeut, plus tard, j'attends de mûrir"
Vincent: " Mais nous, pourquoi nous, on ne va pas au travail des vrais bosseurs?"
Louis: " Et moi, j'aimerais bien habiter dans un appartement et avoir des enfants"
- " Est-ce que tu crois que c'est possible?"
Louis: " Non parce que, c'est bien de faire des bébés,
mais après il faut les élever, et tout ça..."
Ne pas masquer la réalité, les difficultés, la grande souffrance parfois...
sans condescendance et langue de bois.
Privilégier un point de vue, celui du jeune, aux "discours des spécialistes
Au coeur du film, au fil des situations, des discussions, du quotidien, ils (s')interrogent sur leur histoire, leur avenir, leurs problèmes…Et derrière les interpellations, les interrogations exprimées spontanément, beaucoup d'émotion, de solidarité, de tolérance et de bonheur.
Pour saisir que si ces enfants sont différents (ils le disent eux-mêmes), à l'évidence l'essentiel n'est pas là, car leur humanité n'est pas différente de la nôtre, et surtout elle ne lui est en rien inférieure.
Louis: " En fait, c'est pas notre faute si on est handicapé, c'est parce que, on est né comme ça. ça veut dire que notre cerveau, il marche pas très bien, il communique pas très bien le travail que l'on veut faire".